Le soja

Des cultures de soja souvent OGMPlante sacrée en Asie, rivale de la viande et du lait en Occident, complément alimentaire… le soja est une plante vedette. Mais ses  incidences environnementales, les cultures OGM, et les risques liés aux Phytœstrogènes ternissent sa réputation.

 

 

ENVIRONNEMENT

 

Un turboaliment génétiquement modifié

 

La qualité de ses protéines (comparable à celle des protéines animales) et leur abondance font de cette plante une sorte de « turboaliment » pour l’homme et les animaux. Les tourteaux de soja (ce qui reste des graines après extraction de l’huile) entrent ainsi pour une large part dans l’alimentation des porcs, bovins, volailles… La légumineuse asiatique a favorisé l’élevage industriel.

 

 

Une grande culture OGM

 

Avec le coton, le colza et le maïs, le soja est devenu l’une des grandes cultures OGM. On estime que 70% des 264 millions de tonnes produites dans le monde (en majeure partie, par les Etats-Unis, le Brésil et l’Argentine) sont des variétés génétiquement modifiées. Variétés développées pour faciliter les traitements herbicides. Compte tenu de la taille croissante des surfaces et des exploitations, on déverse désormais des quantités énormes de pesticides pour encourager cette culture. L’Argentine « balance » en moyenne 300 millions de litres d’herbicide Round up par an !

 

L’ennemi de la forêt

Le Brésil qui a doublé les surfaces dévolues à la légumineuse, décime la forêt amazonienne pour cette culture très rentable. Le soja est l’un des responsables de la disparition accélérée de la forêt, et donc du rejet  de milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

 

QUALITE 

 

Tofu, miso, lait, crèmes

Le soja est conditionné sous de multiples formes. L’une des plus connues est le tofu, une sorte de fromage élaboré à partir d’un caillé de lait de soja, et présenté en galettes, quenelles, saucisses, etc. En Chine, on consomme le miso, une pâte fermentée de fèves et de grains de soja. Autres formes rencontrées, le lait ou jus de soja, substitut du lait de vache pour les personnes allergiques, les yaourts, les crèmes dessert. Citons aussi les grains de soja sec, la farine , les margarines, mayonnaises à partir de l’huile de soja.

 

A ne pas confondre avec le  mungo 

Les germes servies dans les restaurants asiatiques ne sont pas du soja ! Il s’agit en réalité des haricots mungo, peu caloriques et riches en protéines.

 

Version bio

En agriculture biologique, le soja a l’image d’un aliment de grande qualité nutritionnelle. Les semences utilisées doivent être issues de culture bio (sauf dérogation). La réglementation impose l’absence de toute trace d’OGM, ce qui implique d’analyser des lots de semences avant utilisation.

 

SANTE

 

Protéines à gogo et bons acides gras

Le soja est riche en protéines de qualité (40 g pour 100 g de produit) puisqu’il contient les huit acides aminés de base. Les matières grasses qu’il recèle (20 g pour 100 g de soja) sont essentiellement des acides gras polyinsaturés (tout spécialement de l’acide linoléique ou oméga-6) réputés bons pour le système cardio-vasculaire et réclamés par l’organisme. Autre apport significatif : les glucides (30 à 35 %).

 

Vitamines et nutriments à gogo

La plante contient beaucoup de vitamines B (en particulier B1). C’est une mine de phosphore (davantage que le poisson), de calcium, de fer, de potassium et de divers oligoéléments (zinc, cuivre, manganèse…).

 

Le soja cru est nocif

Paradoxe : Ce trésor de nutriments à l’état fermenté ne doit pas être consommé cru car il contient des substances (acide phytique, glycoprotéines…) aux effets diversement nocifs (perturbations de la digestion, caillots sanguins, dérèglements thyroïdiens…).

 

Allergies : attention aux enfants

En raison de la présence d’allergènes, le soja est susceptible de provoquer des crises d’allergies. Pour l’Agence nationale de sécurité  sanitaire (Anses), les préparations à base de protéines de soja sont déconseillées, au moins jusqu’à six mois, si l’enfant présente un terrain fragile. Les personnes allergiques à l’arachide peuvent souffrir de réactions particulièrement graves.

 

Prudence sur les phyto-estrogènes

Le soja contient des phyto-estrogènes (par exemple les isoflavones), des microconstituants comparables aux estrogènes humains qui jouent un rôle sur le plan hormonal.  Depuis quelques années, on s’inquiète de possibles effets négatifs de ces substances sur certains cancers, sur la fertilité, la croissance osseuse… L’Agence nationale de sécurité sanitaire a émis en 2005 des réserves sur des consommations excessives de soja, en particulier pour les populations à risque (femmes enceintes, bébés, femmes avec antécédents de cancers…).

 

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 Sources : www.zonebourse.com

Le monde.fr 24 mai 2012 « 70% de la production mondiale de soja est OGM »

www.goodplanet.info Le succès du soja OGM en Argentine booste la consommation de pesticides. 12/12/2011